[Récit de concert] 31/01/2014 : Trotski Nautique + VvvV + Keruda Panter + Harshlove @ FOFF d’Angoulême

Seconde soirée au salon de la micro-édition d’Angoulême en cette fin de mois de janvier. Peut-être la moins intéressante sur le papier (quand je pensais encore que Shock allait jouer), elle fit finalement pas mal de bien après le grand bain d’électro de la veille. Non pas que les sets d’Inky Poo et de THX 1137 aient été une corvée, mais ça fait toujours plaisir de voir une ou deux guitares sur scène (toujours pas de batterie à l’horizon en revanche…). Et puis finalement, ce manque d’unité dans l’affiche (deux formations électro/deux plutôt rock) est plutôt pas mal passé.

WILLEM

(Source image : site du FOFF)

  • Trotski Nautique : Les caennais-se du label Et mon cul c’est du tofu? entament la soirée de façon légère, avec leurs chansons indébiles décalées. Pour comprendre l’esprit du truc, rappelons que David Snug, guitariste-boite à rythme-chanteur de Trotski Nautique, est également connu sous le nom de Dr Snuggle, officiant aux côtés de MC Jacqueline pour donner des hymnes interplanétaires style « La Samba » (qui sera reprise à Angoulême par le groupe, en… différent). Aussi potache que les inventeurs de la dancecore, mais plus posé, en mode chansonnettes de 1 minute, Trotski Nautique, dont les formations en concert varient pas mal, joue ce soir-là avec outre David Snug, Aude au chant, kazoo et autres flutiaux, et un individu à la caisse claire/murs/amplis. La présence de ce dernier était plutôt superflue tant il en faisait des tonnes pour pas grand chose et jurait avec le reste du groupe. Les deux musiciens principaux réussissent en effet à créer quelque chose de plus sobre, où la mélancolie de certains airs se télescope avec la légèreté de leurs paroles, souvent à base de jeux de mots plutôt foireux (« Terminator Is’ Baque« , « Le Temps Béni Des Colonies De Vacances« , « Biche »). L’humour pince-sans-rire de David Snug entre les morceaux résume bien cette dualité, entre running gags (il remerciera l’organisation et saluera l’ambiance une bonne vingtaine de fois) annonces de chansons-contre (le DIY, les gens qui portent des t-shirts…) et tronche inexpressive. Finalement, plus que des concerts (j’imagine que c’est à peu près tout le temps comme ça), Trotski Nautique fait des spectacles musicaux pour enfultes, où tu rigoles de bout en bout à leur humour tantôt un peu facile (« Par La Bouche« ) tantôt acidulé (« Les Valeurs Du Sport« , « Fredo Screamo »), tantôt polyglotte (les reprises de « Sliver » de Nirvana et « Love Will Tear Us Appart » de Joy Division) mêlé à leur indie enfantine. Enfin bref, j’étais parti pour les rater, j’ai bien fait de pas m’écouter.

Trotski Nautique (Crédits et source image : Sandra Vérine)

  • VvvV : Pareil pour eux, ce que j’en avais écouté avant de descendre à Angoulême ne m’avait pas vraiment marqué. Je pensais que j’aurai affaire à un truc un peu perché et pas spécialement entraînant. Mais finalement, le peu que j’en ai vu m’a assez agréablement surpris. Le duo synthétique bordelais semble avoir un peu poussé la boîte à rythmes, ce qui a tout de suite donné un côté plus « dansant » à l’ensemble, sans toutefois perdre le côté kraut qui caractérise le groupe. Un peu plus dans le ton de la soirée que ce que je pensais, VvvV a peut-être musclé son jeu j’en sais rien. Dans tous les cas, le concert que j’ai vu s’est révélé bien plus plus efficace que ce que je pouvais attendre, et si le duo privilégie le travail du son sur ses enregistrements, c’est clairement le côté le plus dansant de leur musique qui ressort en live.

Keruda Panter (Crédits et source image : Sandra Vérine)

  • Keruda Panter : Eux, c’est ceux que j’attendais particulièrement pour cette soirée du vendredi. Leur album Technique Mixte m’avait franchement tapé dans l’oreille, je voulais donc voir ce que ça donnait sur scène. On peut dire que je n’ai pas été déçu. Alors que je m’attendais à quelque chose d’un peu sérieux, les mecs de Keruda Panter ne font pas dans le faux second degré, et ne sont vraiment pas prise de tête. Le revival 70’s/80’s qui transpire de leur new wave/punk est également inscrit sur les musiciens qui arborent des croix de Lorraine et des dédicaces à Chirac dessinés au marqueur sur leur bras. Sur scène, le groupe fait le boulot, même s’il faut dire que le chanteur a une tendance naturelle à attirer l’attention sur lui. Ce dernier semble incarner l’identité du groupe, avec son univers foutraque qui transparait dans ses textes déclamés avec une morgue exagérée similaire à celle de Gilles Tandy des Olivensteins. Côté musique, la boîte à rythmes fleure bon le rock alternatif des années 80 (Metal Urbain, Ludwig) même si la guitare cradingue ainsi que certains morceaux moins rythmés (« Claude François », « J’aurais Voulu« ) nous ramènent à une froideur plutôt new wave, tandis que le synthé donne un côté un peu pop au tout. Si on regrettera l’absence de « Les Gens S’emmerdent » ainsi que « Cache Tes Secrets » dans la setlist et une photographe plus que casse-burnes au premier rang, on soulignera surtout la sympathie du groupe et son intégrité DIY qui fait vraiment plaisir.

  • Harshlove : Outre un set bien plus long et bien plus rapide à tabasser, ce que je pense de Harshlove, c’est par ici.

–  Le résumé de la soirée du jeudi 30 janvier, avec La France Entière, Inky Poo et THX 1137, c’est par ici !
–  Le résumé de la soirée du samedi 1er février, avec Manuel J Grotesque, Badaboum, Les Morts Vont Bien, et Jessica 93, c’est par ici !

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