[Récit de concert] 6/12/2013 : Schlaasss @ Plan B

Commençons cette chronique sur une déception : j’ai trouvé aucune photo de ce concert. Vous ne goûterez donc pas à la délicate ambiance visuelle s’en étant dégagée. Entre dégoulinades scéniques sanguinolentes et explosions de zizis dans l’assistance, Schlaasss a fait couler le foutre et la cyprine, le diesel et l’hémoglobine, et a repeint les murs bobo-branchouille du Plan B.

Si le bar militant nous avait certes habitués à beaucoup d’éclectisme mais aussi à des ambiances pas franchement à la hauteur des groupes programmés (remember The Irradiates + The Hellbats), la soirée du 6 décembre restera comme une grosse trace de pneu au milieu d’une programmation de fin d’année plutôt proprette. Et autant dire que les bas-fonds s’étaient donnés rendez-vous à l’appel de Bunker Komix pour rendre grâce à l’électro/hip-hop dégueu de Schlaasss. Alors que côté public, ça tangue pas mal sous les assauts du houblon, sur scène la Bigleuse et Daddy Schwartz restent solides et tournent plutôt au sky. Le duo arpente le praticable désert, gueule, harangue et enchaîne ses « tubes ». Tantôt rageuse (« Salope »), tantôt apaisée (« La Love »), tantôt entre les deux (« Hippie »), la tension du set s’observe au gré des flots de bière qui se déversent et imbibent les fringues des un-e-s et des autres.

Si la provocation outrageuse pendant les pauses fait bien sûr partie du spectacle et se manifeste par de nombreuses incitations à la grosse baise sans pincettes, les morceaux rappellent que Schlaasss, c’est aussi et surtout de la poésie très crue nichée au milieu de flots de gerbe bien acide. Un peu comme si Stupeflip s’était débarrassé de Pop-Hip dès le début et que King-Ju avait donné libre court à son aigreur dans ce qu’elle compte de plus trash et violent. La filiation semble plutôt évidente entre les deux groupes, tant dans l’approche résolument punk de leur électro/hip-hop, dans leur regard plutôt acéré sur la société, basé sur des thèmes assez similaires (vous écouterez « La Récrée » de Schlaasss et « Le Spleen des Petits » de Stupeflip à la suite), que dans leur sens commun de la fête malsaine (« Miaou »).

La comparaison s’arrêtera ici, puisqu’on nuancera l’éloge (il le faut bien), par quelques petits points noirs qui n’auront tout de même pas suffit à me faire ressortir du bar sur une mauvaise impression. Mais, bon on regrettera une scène un peu vide malgré l’agitation du duo, où un DJ ne ferait pas de mal. D’une part parce qu’il ajouterait une présence sur scène que les MCs parviennent difficilement à combler avec leurs quelques mises en scène vaguement costumées (ce qui évoque une version un peu cheapos du Stup’ (oui je m’obstine avec mon parallèle avec Stupeflip)) et qui contrebalancent avec la richesse visuelle de leurs magnifiques clips. Et d’autre part parce que ça fait vachement fade de chanter sur les pistes lancées par le mec de la console, d’autant plus quand le Portos est absent et que ses parties de chant sortent d’un cd. Enfin bon, ça m’empêchera pas de retourner les voir au off du festival d’Angoulême (inch allah) pour une fiesta espérons-le des plus cradingues, et avant que les sirènes Ricard qui se prennent pour des altruistes qui y connaissent quelque chose à la musique ne viennent émousser le Schlaasss (ben ouais, fallait bien faire un jeu de mot pourri quand même).

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