[Récit de concert] 30/11/2013 : Marvin + Kid Congo & The Pink Monkey Birds + Papaye + The Irradiates + Archi Deep & The Monkeyshakers @ la Nef (Angoulême)

Toute la rédaction du Barbelé dans les tympans s’est rendue il y a peu à Angoulême afin de tester la Bourse aux disques de la Nef et surtout profiter des concerts qui s’y tenaient, pour la modique somme de que dalle. Et c’est réellement peu, compte tenu de l’affiche qui réunissait au total cinq noms, et pas des moindres. Cinq groupes, dont quatre passés par Poitiers récemment, dont trois qui m’ont bien tapé dans l’oreille → bonne soirée en perspective !

Après avoir claqué en sandwiches dégueu au « Patapain » du coin ce qu’aurait pu me faire économiser la gratuité de la soirée, débarquement à la Bourse aux disques. Assez peu d’exposants comparé à celle du Confort, je fais un tour rapide, ne trouve pas grand chose à me mettre sous la dent et décide d’aller prendre l’apéro sur le parking en attendant le début des concerts. A base de complet thon insipide hors de prix et bière tiède bon marché.

  • Archi Deep & The Monkeyshakers : Les angoumoisins sont visiblement plus qu’à cheval sur l’heure et font débuter le premier concert cinq minutes avant l’heure prévue. Ce n’est pas très grave puisque le garage-blues vaguement rétro des oléronais ne me passionne pas des masses. Les musiciens touchent leur bille, le son est aussi propre que leurs instruments lustrés, et justement, c’est un peu trop carré pour moi, ça manque de folie. La grosse vingtaine de personnes qui stationne devant la petite scène de fond de salle n’a d’ailleurs pas l’air franchement déchaînée par le concert qui se termine assez rapidement sous de faibles applaudissements. C’est la dure loi des toutes premières parties.

The Irradiates (Crédits photo : Shoot me I’m sick)

  • The Irradiates : Les choses sérieuses commencent, devant un public à peine plus fourni, et c’est bien dommage. Toujours aussi énergiques depuis leur date au Plan B en ouverture des Hellbats, les bisontins développent un surf rock enrichi de quelques éléments plus brutaux, toujours dans une veine très rock’n’roll. Musique ultra-efficace ok, mais il faut également souligner l’identité visuelle du groupe qui joue pour beaucoup dans le fait que tout fonctionne bien : uniformes, figurant sur scène qui bidouille des engins qui marchent une fois sur deux, discours en yaourt allemand entre les morceaux, le groupe reste fidèle à son trip scientifique (à l’image de leur site internet qui reste pour moi une référence en la matière). Et puis surtout, quelle énergie ! Sans occulter le reste des musiciens, il faut souligner la présence incroyable d’Arno DeCéa (routard du rock au CV plutôt impressionnant), qui multiplie des poses jamais vues pour ma part. On soulignera toutefois que les petites salles comme le Plan B conviennent mieux aux chorégraphies du guitariste que la grande scène de la Nef, où ses tricks sont souvent occultés par les piles d’amplis. Certainement aussi parce qu’un tel concert devant une salle aux 2/3 vide c’est vraiment du gâchis.

Papaye (Crédits photo : Shoot me I’m sick)

  • Papaye : La soirée monte en pression et on retrouve Papaye sur la petite scène du fond de salle. Le groupe joue quasi au niveau du sol, ce qui a pour effet de rapprocher le public et de réchauffer l’ambiance. Mon blouson ayant pu se délecter d’une demie-pinte de bière au bout du deuxième morceau peut témoigner d’un regain d’énergie de la part du public. Côté scène, c’est toujours un énorme kiff de revoir Papaye… Leur math-noise est toujours aussi percutant tout en incluant des passages super frais, presqu’ensoleillés. Bon, c’est peut-être un peu moins flagrant en live que sur galette : les musiciens rentrent dedans à 100 à l’heure, sous l’impulsion de JB (qui officie aussi dans Pneu) ayant quelque peu tendance à accélérer le tempo et à emballer les morceaux. Je ne tarirai jamais d’éloge sur ce batteur qui est à mon sens pour beaucoup dans la qualité des groupes auxquels il participe, que ce soit dans sa technicité ou dans sa façon de jouer en live. C’est le meilleur rapport virtuosité/gros jeu de scène du marché. On notera aussi les jeux de questions/réponses entre les deux guitaristes (échappés de Room204 et Komandant Cobra) qui deviennent plus évidents sur scène et donnent tout son sens au titre du dernier album de Papaye. Au bout d’un set essentiellement centré sur Tennis, malgré quelques incursions de la Chaleur (dont l’excellent « Cheval Télescopique« ) et du dernier EP Welcome In The Jingle, on pourra pester sur la fin interminable de « Je Suis Caché Sous Ton Pull » qui nous a privés de deux ou trois morceaux supplémentaires. On se dira seulement que ça fait partie de la blague Papaye (qui sont par ailleurs très drôles sur scène). Et en plus ce serait vraiment pas sympa de se plaindre de mecs qui le sont tellement, y compris lorsqu’ils sont descendus de scène.

  • Kid Congo & The Pink Monkey Birds : Pause bière ! (j’ai ré-essayé (après les avoir aperçus au Confort) par « acquis de conscience » mais mon sentiment n’a pas changé vis-à-vis de cet ex-Cramps : comme beaucoup de formations en mode « Untel & The Untels », le CV du frontman joue pour beaucoup dans le succès du groupe, qui n’aurait certainement pas eu la même audience sous couvert d’anonymat. J’ai donc fait l’impasse sur le garage-rock de Kid Congo)

Marvin (Crédits photo : Shoot me I’m sick)

  • Marvin : Final en beauté pour ce plateau avec la prestation de Marvin. Apothéose festive en forme de synth-noise avec un potentiel dansant évident. Riffs rock entrecoupés de ponts limite disco, ambiance bamboule assurée, si ce n’est que le public manque toujours quelque peu à l’appel (on ne dépassera pas une jauge aux 2/3 pleine – estimation haute) et semble avoir du mal à se déhancher. Qu’importe, on se concentrera donc sur ce qui se passe sur scène, où tou-te-s – oui, pas un-e plus que l’autre, contrairement à ce qu’en pense un de mes acolytes de concert – se font remarquer, notamment parce qu’ils semblent prendre plaisir à jouer leurs morceaux. Et même si ça ne frappe pas vraiment lors d’une écoute distraite, le niveau technique est bien présent et les chanson sont vraiment travaillées. Bon, niveau setlist (la pause bière commençant à faire son effet à ce moment-ci), je me contenterai de dire qu’on a eu droit à pas mal de morceaux issus de leur dernier album Barry(« Tempo Fighting », « As Noisy As Possible », « Barry ») et au moins « Roquedur » me semble-t-il, de leur précédent effort Hangover The TopCe dont je suis sûr, c’est qu’ils ont rendu hommage à une de leur influence majeure, Devo, en jouant leur excellente reprise de « Girl You Want » au terme du rappel. Final en beauté, donc, et prochaine étape : aller voir Marvin jouer à domicile, et vivre un de leur concert dans une ambiance plus propice à la grosse fiesta.

On ne regrettera donc pas d’avoir fait la route pour assister à ce concert, et on saluera l’initiative de la Nef qui nous en aura foutu plein les mirettes pour pas un rond.

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