[Chronique de disque] Magoa – Topsy Turvydom

https://i2.wp.com/www.saladdaysmag.com/wp-content/uploads/2013/10/PromoImage3-700x700.jpgSorti le 1er Novembre 2013

Dernier sorti de chez Klonosphère, le second album de Magoa, cristallisait (en tout cas pour ma part) de nombreuses attentes. D’une part parce que leur EP Animal était vraiment très prometteur et correspondait réellement à ce que je considère comme du très bon metal, et également parce que de tout le catalogue Klonosphère (en dehors des piliers poitevins Hacride, Trepalium et dans une moindre mesure désormais, Klone), c’est Magoa qui se montre à mon sens le plus intéressant.

D’emblée, l’album part très fort, et la première chose frappante, c’est le mixage de la batterie. Magoa a apparemment cru nécessaire d’aller enregistrer aux States vraisemblablement pour parfaire la prod’ qui était pourtant plus que correcte sur leur EP. Le seul son de la batterie sur Topsy Turvydom est suffisant pour se dire que le groupe aurait pu s’épargner tant de kilomètres. A priori, les franciliens ont tenté de donner une coloration électro aux percussions, du coup, on croirait entendre des beats dubstep, complètement artificiels.

Le coté électro était déjà présent sur Animal et ne faisait que renforcer l’originalité de l’EP. Magoa essaie ici de tirer sur la corde, et en fait finalement trop. En plus de ce mixage bizarre, les samples se multiplient et étouffent les compos. Les effets sur la voix du chanteur empêchent de discerner les progrès réalisés depuis Animal et c’est vraiment dommage tant ils sont importants. En fait, la présence d’effets et de samples fait l’effet inverse que pour Hacride : pour les poitevins, ils apportent indéniablement aux ambiances, aux atmosphères et font que leurs concerts paraissent bien fades comparés aux albums ; pour Magoa, ils étouffent les morceaux, les rendent indigestes et font espérer que le live en donnent une version plus brute et aérée.

Mais Topsy Turvydom ne souffre pas seulement de cette orientation électro. Certains morceaux ont une fâcheuse tendance à lorgner du coté d’une espèce d’Emocore/Metalcore sirupeux avec un peu trop de « woho » à la fin d’envolées en chant clair. L’enchaînement entre « Betraying Grace » et « Party Time » se révèle à ce titre assez délicat à l’écoute pour qui se montre réfractaire à ces ambiances un peu juvéniles. Et c’est vraiment dommage tant on retrouve à coté de ça ce qui faisait la force d’Animal, à savoir ces passages hardcore/prog ultra-lourds, puissants (qu’on retrouve pourtant dans le riff principal de « Betraying Grace »). Mais des morceaux de la trempe d’ « Estamos Locos » ou « Ailleurs » se montrent trop rares dans cet album et laissent l’auditeur sur sa faim.

Ils montrent cependant que Magoa n’a pas complètement oublié ce qui faisait la force d’Animal et qu’un prochain opus pourrait finalement voir le groupe s’affranchir de ce genre d’expérimentations pour revenir à quelque chose de plus brut, afin de mieux mettre en valeur les progrès accomplis depuis leur EP. Enfin, il semble que les conditions live devraient permettre de restituer le meilleur de Topsy Turvydom, en lui ôtant cette foule d’effets et de samples, marqueurs de la volonté de Magoa de trop bien faire.

Synthèse de la chronique sur C’était comment ce concert?

Magoa, c’est si tu n’as rien contre Dagoba, certains plans à la Gojira et surtout les refrains metalcore.

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